Podcast : Thomas Briels et la longue route vers les sommets

Podcast - thomas briels : la ruée vers l'or a duré 15 ans

Le hockeyeur Thomas Briels a pris sa retraite internationale sur la plus haute marche du podium olympique, après 15 ans et 359 sélections chez les Red Lions. Durant toutes ces années, l'Anversois a vu le hockey belge évoluer, jusqu'à atteindre l'excellence.

Parti à Tokyo avec le statut de réserviste, Thomas Biels y a finalement vécu l'apothéose d'une carrière de 15 ans chez les Red Lions. Avec ses coéquipiers (ses meilleurs amis), Thomas a remporté des titres, mais a aussi évolué en tant qu'homme. Aujourd'hui, l'Anversois (34 ans) est toujours actif en club, à Eindhoven. Il est donc bien placé pour pointer les différences qui subsistent entre la Belgique et les Pays-Bas au niveau du hockey.

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Jouer et gagner une finale olympique pour terminer... Oui, c'est difficile de faire mieux.

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15 Ans chez les red lions

"Mes coéquipiers sont devenus mes meilleurs amis"

" Ce qui est le plus beau, c'est notre parcours. Mes coéquipiers sont devenus mes meilleurs amis. On a travaillé des années ensemble. Aux Jeux de Pékin en 2008, en regardant la finale entre l'Allemagne et l'Espagne, je me souviens avoir dit à Félix Denayer que nous ne pourrions jamais être sur le podium. Impossible. 10 ans plus tard, on était champions du monde. Puis le titre olympique a suivi. Ce dont je suis le plus fier, c'est donc de notre histoire, oui."

"Finir sur un titre olympique, c'est difficile de faire mieux"

"À Tokyo, j'étais très content de jouer. À la base, j'étais réserviste mais finalement j'ai joué 7 matches sur les 8 du tournoi, dont la finale. Jouer et gagner une finale olympique pour terminer sa carrière en olympique nationale, oui, c'était difficile de faire mieux. Sur le podium, on se dit qu'après toutes ces années, ces investissements, ces sacrifices, on a réussi. Plus jeunes, on était beaucoup. Ça a été un long chemin pour arriver au titre olympique. C'était juste le bonheur."

"J'ai mal dormi pendant une semaine"

"Quand j'ai appris que j'allais être réserviste, c'était dur. J'ai travaillé avec cette équipe pendant 15 ans. Et 3 semaines avant les J.O. j'apprends que je vais être réserviste alors que j'étais capitaine de l'équipe depuis 5 ans. J'ai mal dormi pendant une semaine. Le coach m'a demandé si j'acceptais ce rôle. J'ai finalement accepté et j'ai bien fait."

"Montrer que j'avais ma place"

"À Tokyo, je n'étais plus capitaine. Je pouvais donc me concentrer sur moi-même. Je voulais montrer que j'avais ma place sur le terrain. J'avais déjà pensé à arrêter l'équipe nationale après les Jeux, mais je n'en étais pas sûr à 100 %. Avec cette médaille d'or, j'ai pu arrêter comme un homme heureux."

Le regard des gens a changé, c'est quelque chose qui me rend fier.

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La reconnaissance est arrivée

"Je devais expliquer que ce n'était pas du hockey sur glace"

"Au début, je devais expliquer que je jouais au hockey sur gazon et pas au hockey sur glace. Les gens n'étaient pas vraiment intéressés. Maintenant, avec ce qu'on a accompli, tout le monde a du respect pour notre équipe, notre travail et les valeurs que l'on montre. Le regard des gens a changé, c'est quelque chose qui me rend fier."

Vivre de sa passion

"Plus jeune, je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire comme boulot. Je jouais au hockey partout. Dans ma chambre, dehors... Quand l'entraînement était terminé, je continuais à jouer avec mon frère. La première fois que j'ai gagné un peu d'argent avec le hockey, j'ai trouvé ça incroyable. En vivre, n'était pas vraiment un objectif, mais c'est arrivé. J'ai eu la possibilité de ne pas devoir arrêter de jouer au hockey pour faire un autre boulot."

"L'homme que je suis grâce au hockey"

"Le hockey m'a fait évoluer en tant que personne. Jouer en équipe, vivre des moments de stress, savoir comment communiquer dans certains moments. Dans un sport d'équipe comme le hockey de nombreux facteurs sont importants. Il y a beaucoup de travail en équipe invisible à la télévision. C'est grâce à tout cela que je suis l'homme que je suis aujourd'hui."

Et après ?

"Je joue toujours au HC Oranje-Rood, à Eindhoven. Cela représente 5 entraînements par semaine et un match le dimanche. Je n'ai donc pas énormément de temps. Mais j'ai commencé à aider un petit club à Grimbergen (HC Merode). J'aide le club à se structurer, c'est chouette de pouvoir aider les gens avec mon expérience. J'organise aussi des camps de hockey à Amsterdam avec Sportways. J'aimerais faire venir ces camps en Belgique. Je reçois aussi beaucoup de demandes pour faire des conférences en entreprise. J'ai fait des études de podologue, mais c'est un métier difficile avec le hockey actuellement. Je verrai comment je m'organiserai dans le futur."

Je suis triste que certains voient encore le hockey comme un sport de riches.

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Belgique et pays-bas, ses deux pays

"Les gens viennent en tram au hockey, c'est chouette à voir"

"La différence entre la Belgique et les Pays-Bas se situe surtout au niveau des infrastructures. Aux Pays-Bas, il y a tellement de clubs et de terrains... Beaucoup sont financés par les pouvoirs publics. En Belgique, les investissements sont souvent faits par des privés. Si je prends pour exemple mon club, Oranje Rood, il y a 3000 membres, 8 terrains, des employés qui travaillent full time au club. En Belgique, ce n'est pas comparable. Mais il y a des efforts qui sont faits chez nous aussi. À Anvers par exemple, le HC Olympia est fortement soutenu par la Ville. Il y a un arrêt de tram devant le club, c'est chouette à voir. Les gens vont au hockey en tram. Avant, à Anvers, je ne voyais jamais personne avec un stick à part moi. Aux Pays-Bas, il y a aussi une culture du sport qu'on ne retrouve pas en Belgique. Les gens sont vraiment fous de sport, là-bas."

Sur le bon chemin

"Le hockey ne sera jamais aussi populaire que le foot. C'est impossible et je ne pense pas que ça doive être l'objectif. Mais on est sur le bon chemin, nos résultats aident. Aux Pays-Bas, les excellents résultats de l'équipe nationale dames ont aussi provoqué une augmentation des affiliations chez les filles. Les dames pourraient donc donner un extra boost en Belgique aussi."

Technique, physique, fair-play

"Je suis triste que certains voient encore le hockey comme un sport de 'riches'. Ce n'est pas du tout le cas. Aux Pays-Bas, 300 000 personnes jouent au hockey et vont au club à vélo, avec leur stick. Le hockey est un sport qui est joué par les garçons, les filles, les familles... C'est un sport qui est très accessible tout en étant technique, physique et fair-play."

La suite dans notre podcast !

Ses ambitions avec Oranje-Rood, son avis sur le futur de notre équipe nationale et bien d'autres choses sont à découvrir dans notre podcast.
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