Randonnée en foret

Une promenade en forêt comme thérapie bénéfique

Katriina Kilpi, chercheuse scientifique et coach Mestämörri, nous guide entre les arbres de la forêt.

S’il est évident de s’étirer après le sport, on oublie parfois que les muscles du cerveau ont également besoin de se régénérer. Les avantages mentaux d’une promenade sylvestre ont été maintes fois démontrés mais le Belge prend rarement le temps de profiter des bienfaits de la forêt. Si le bain de forêt ou « Shinrin-Yoku » est originaire du Japon, il en existe également une variante finnoise appelée Mestämörri. Katriina Kilpi, chercheuse scientifique et coach Mestämörri, nous guide entre les arbres de la forêt.

Shinrin-yoku ou mestämörri, quel est le véritable bain de forêt ?

Tout d’abord : un bain de forêt n’est pas une promenade sylvestre ordinaire, mais un moment de repos dans la forêt qui constitue un espace propice à la réflexion sur soi. Il n’y a pas de mauvaise manière de prendre un bain de forêt. N’importe quel bain de forêt est relaxant et renforce votre aptitude à vivre le moment présent. Cela vous apprend à comprendre pourquoi on se sent comme on se sent et permet de porter un regard plus clair et plus créatif sur la vie.

Des études ont révélé que 5 heures de bain de forêt restent visibles dans le sang après un mois. La philosophie du Shinrin-Yoku est axée sur la pratique de la promenade méditative, alors que le Mestämörri se concentre davantage sur les effets positifs de la forêt sur votre esprit.

Peut-on comparer les bains de forêts avec le mindfulness ou la méditation ?

Oui, mais dans un espace de qualité supérieure. Il est difficile de calmer son esprit dans une pièce où chaque bruit détourne votre attention. Dans la forêt, les sons sont plutôt invitants. La nature regorge de détails et de rythmes, et ce sont précisément ces rythmes qui apaisent les gens. Comme les vagues sur une plage, le son de la forêt est constant et suit le même tempo.

Randonnée en foret

Quelle est la tâche d’un guide mestämörri ?

Je rends la forêt à nouveau accessible aux gens, je les aide à ralentir et je les emmène au coeur même de la forêt, loin de tout facteur perturbant. Les avantages mentaux en sont une conséquence logique. J’accompagne une expérience sensorielle où il est permis de toucher une feuille, de sentir la texture de l’écorce d’un arbre et même de se déchausser.

Le but de ma promenade n’est jamais de faire pleurer les gens et pourtant, cela arrive très régulièrement. C’est souvent dû au fait que l’ambiance d’une forêt stimule naturellement les gens à s’écouter eux-mêmes. Il s’agit en effet d’une philosophie finnoise, mais en Finlande, il n’y a pas de marché pour~ce que je fais. Les Finlandais sont habitués à passer de longs moments seuls en forêt. Les Belges préfèrent s’y promener en groupe. Lorsqu’ils vont au bois, ils  archent d’un bon pas, font du VTT ou du jogging, suivent les sentiers et bavardent entre eux. Ils font du sport, mais oublient d’être attentifs à l’environnement forestier.

Comment cela se passe-t-il ?

On se rend dans un endroit qui invite à marcher plus lentement ou à s’arrêter. On commence par remarquer le silence, on respire plus librement, on devient plus calme. L’environnement est propice à l’introspection et les pensées s’organisent d’elles-mêmes. Dans une phase ultérieure, on peut aborder l’aspect psychologique~en regardant calmement les choses d’un autre point de vue et en essayant de résoudre les problèmes. Nous terminons toujours de façon positive, avec un exercice assis où l’attention est fixée à 100 % sur l’environnement.

Comment vous est venue l’idée de devenir guide mestämörri ?

J’ai toujours été attirée par la nature sauvage. Lorsqu’on grandit en Finlande, c’est presque une évidence. La forêt réveille en moi un sentiment primaire. C’est mon biotope naturel. Près de ma maison, il y avait un endroit dans la forêt où je me rendais chaque fois que je ne me sentais pas bien. Après, j’allais toujours mieux.  eaucoup de Finlandais se reconnaîtront dans cette histoire. Accompagnés de la sorte, les gens prennent conscience de l’importance d’avoir un bois près de chez eux, et comprennent que les forêts constituent en fait un système de survie.

Elles sont non seulement les poumons de notre Terre, mais elles apaisent aussi notre esprit. Sans elles, la vie est impossible sur notre planète.

katrina

Faites le test avec les conseils de katrina

Vous êtes facilement contrarié•e, votre carte mémoire est pleine ? Il est temps de vous rendre en forêt.| Ne vous concentrez pas trop sur le fait de vouloir absolument bien faire, l’effet qu’exerce une forêt est toujours positif.| La première fois, faites-vous accompagner par un guide, participez à un atelier.| Pénétrez profondément dans la forêt, afin de vous éloigner de tout bruit artificiel.| Déchaussez-vous et découvrez le plaisir de parcourir des sentiers « pieds nus ».| Une heure de bain de forêt détend après le sport, une randonnée ou une longue promenade : le sport est libérateur d’endorphines. Le silence qui y règne est une récompense bien méritée pour l’esprit.| Utilisez le souvenir de cet endroit privilégié en forêt chaque fois que vous avez besoin de faire le calme dans votre tête.