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Comment réagir en cas de mauvais temps en haute montagne ?

Pierre Dewit est moniteur belge d'alpinisme et ambassadeur pour Decathlon Belgique. Il vous propose aujourd'hui un nouveau conseil. 

La haute montagne est un univers intrinsèquement hostile à l’homme. C’est d’ailleurs bien pour ça qu’au-delà de 4000m-4500m d’altitude, selon les latitudes, il n’y a plus de vies humaines permanentes.

Un séjour en haute montagne est donc une aventure sérieuse qui ne s’improvise pas, qui demande beaucoup de préparation et de connaissance du terrain…

Se renseigner sur la météo

Parmi les dangers potentiels, le climat et ses changements brusques est un des plus importants à prendre en compte. Dans tous les cas, avant de partir, se renseigner sur les prévisions météorologiques est essentiel. On ne part pas en haute montagne s’en s’être préalablement tenu au courant des prévisions. Pour cela, de nombreux sites web pourront vous donner une idée plus ou moins précise de ce qui vous attend. Voici deux sites de référence pour vérifier la météo.

On veillera à prendre les informations depuis plusieurs sources afin de recouper au mieux celles-ci. Il peut aussi être très intéressant de se renseigner, si possible, auprès d’un gardien de refuge qui se situerait tout près de la zone où vous voulez vous aventurer. Enfin, en vallée, dans les Alpes, des bulletins météo sont presque tout le temps affichés aux différents bureaux des guides.

Cependant, malgré toutes ces précautions élémentaires, on peut tout de même se laisser surprendre par le mauvais temps. Il faudra alors agir au mieux pour éviter les soucis.

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Les types de mauvais temps

Il faut pouvoir réagir à tout ce qui suit : l’arrivée du froid, de vents violents, les chutes de neige (ou de pluie), et par-dessus tout, les orages… En sachant que tous ces éléments peuvent survenir au même moment.

Se mettre à l'abris

De manière générale, il ne faudra jamais compter sur le fait que le beau temps pourrait revenir vite après le mauvais temps. Au contraire, il faut plutôt imaginer que les conditions peuvent empirer. L’idée maîtresse est donc de tenter de regagner le plus rapidement possible un endroit pour se mettre à l’abri. Si c’est envisageable, l’idéal est de rejoindre un refuge. Si ce n’est pas rapidement faisable (Plus de 3h de marche), alors il faut tenter de s’abriter sous un rocher, dans une cavité rocheuse ou, en cas d’orage, de se mettre en dehors de lignes de crêtes et privilégier les zones en cuvette. Dans ce dernier cas, si vous êtes à l’abri, laisser à 10m de vous les objets métalliques (Piolets, bâtons de marche, crampons,…).

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Rester ensemble 

Les membres du groupe veilleront à rester tous ensembles. Ne jamais laisser seul un retardataire éventuel, de même qu’il ne faut pas distancer le groupe si vous êtes plus rapide. L’union fait la force… Si personne ne connaît parfaitement le terrain où vous progressez, afin de ne pas vous perdre, faites plutôt demi-tour plutôt que d’imaginer un itinéraire vers l’avant.

Le conseil important

En cas de précipitations, dès les premières gouttes ou les premiers flocons, placer immédiatement une housse de protection sur votre sac à dos après avoir mis vos couches imperméables. Il est très important, pour la suite, de garder l’intérieur du sac à dos (Et les éventuelles couches textiles thermiques qui s’y trouvent) au sec ! Tant que vous êtes en mouvement, il n’est pas trop grave d’avoir des vêtements humides. Mais si vous devez vous arrêter (Justement pour vous mettre à l’abri), il faudra pouvoir enfiler des vêtements secs afin d’éviter une éventuelle hypothermie. A l’arrêt, en montagne, on a très vite froid…

Ne pas improviser

Si vous n’êtes pas formés à cela, oubliez l’idée de construire un abri/bivouac de fortune. Cela ne s’improvise pas. Au contraire, toute tentative improvisée dans ce sens n’aurait comme effet que vous faire perdre votre temps et votre énergie inutilement. Cependant, si vous avez des tentes, vous pouvez les monter pour vous y abriter. Attention, de nouveau, à bien vous mettre dans les cuvettes et non sur des crêtes ou arêtes exposées au vent et à la foudre…

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Prévenir, c'est guérir

Pour terminer, et la boucle sera bouclée, n’oubliez pas que « prévenir, c’est guérir » et que nous ne pourrions trop insister sur le fait de bien s’informer des prévisions avant de partir en course. Préparez bien votre itinéraire et envisagez, dans cet itinéraire, les possibilités d’échappatoires et de replis afin de gagner du temps quand il faudra réagir et se décider rapidement.

Il n’est jamais inutile de vous former auprès de professionnels de la montagne sur ces sujets essentiels.

Bonnes courses à tous !

 

pierre dewit

Pierre dewit



Ambassadeur Decathlon Belgique
Moniteur en alpinisme
Membre de l'Union Professionnelle des Métiers de la Montagne