Mon marathon ? un effort d'un autre temps

C’est assez confiant que je me présente sur la ligne de départ du marathon de Vilnius. Après tout, je me suis bien entraîné. Je suis un compétiteur. Et je suis prêt à me battre pour atteindre mon objectif: courir un marathon en 3h30. Cet objectif, j’ai vite compris que je ne pourrais pas l'atteindre.

Préparer un marathon en 9 semaines avec Decathlon Coach: course et impressions

La fin de ma préparation a été chahutée par une contracture à la cuisse droite. C’est pourtant assez confiant que je me présente sur la ligne de départ du marathon de Vilnius. Après tout, je me suis bien entraîné. Je suis un compétiteur. Et je suis prêt à me battre pour atteindre mon objectif: courir un marathon en 3h30. Cet objectif, j’ai vite compris que je ne pourrais pas l'atteindre. 3h54’03’’: c’est mon temps officiel. Loin de ce que j’espérais. Mais après être passé par toutes les émotions pendant près de 4 heures, c’est avec le sourire (et un début de crampe) que je rallie l’arrivée. Je vais tenter de vous raconter ma course. Celle d’un marathonien “lambda”, qui n'en a pas fini avec la distance mythique de 42,195 kilomètres.

KM 0

C’est la 3e fois que je prends le départ d’un marathon et pourtant, le degré d'excitation est présent comme à la première. Les trails au kilométrage inhumain et au dénivelé vertigineux se sont multipliés ces dernières années. Mais un marathon, 42195 mètres sur route, ça reste un beau défi.

KM 3 - 4’50’’ au km

L’avantage de participer à un "petit" marathon, c’est que les embouteillages sont quasi inexistants en début de course. Je me cale directement sur un bon rythme (un peu plus rapide que prévu). Les premiers kilomètres sont assez roulants. Je laisse partir mon pote Maxime, qui compte également courir en 3h30. Je me dis que je pourrai le rattraper plus loin.

KM 13 - 4’40’’ au km

Tout allait bien. J'étais à l’aise, tout en étant concentré sur ma respiration. Mais il a suffi d’un minuscule talus pour que je comprenne que je n’avais pas les jambes pour atteindre mon objectif. J’ai la détestable impression qu’elles pèsent deux tonnes chacune. Il me reste 29 kilomètres de course à parcourir.

KM 19 - 5’23'' au km

Je ne vous l’avais pas encore dit. Mais à Vilnius, il y avait une course dans la course. Les participants au marathon et au semi-marathon étaient en effet mélangés durant la première partie de la course. Je me souviens très bien de ce moment, après 18,4 km, où les participants au semi tournaient à gauche pour regagner la Place de la Cathédrale... L’espace d'un instant, la tentation de les imiter a traversé mon esprit, je l’avoue. Mais je ne suis pas venu pour ça et j'ai donc continué tout droit.

Préparer un marathon en 9 semaines avec Decathlon Coach: course et impressions

Tout allait bien. Je courais même un peu plus vite que le plan, tout en étant à l’aise. Mais il a suffi d’un minuscule talus pour que je comprenne que je n’avais pas les jambes.

KM 22 - 6’18’’ au km

En perdition, je me suis tout de même fait violence pour rester plus ou moins dans le rythme jusqu’au passage au semi-marathon (en 1h46’27’’). Tout en sachant qu’il faudrait un miracle pour que je puisse le garder, ce rythme. Mais un miracle, sur un marathon, ça n’existe pas… Après le passage au semi, je craque d’ailleurs nerveusement. Tout ça pour ça ?

KM 28 - 5’49’’ au km

Quand un objectif s’éloigne, quand vous vous retrouvez seul en course au milieu de nulle part, les pensées les plus diverses traversent votre esprit. Bon, une question revient souvent: “Qu’est-ce que je fais là ?”. Heureusement, il règne une certaine solidarité dans le peloton. Un mec me dépasse en me disant : “You look good, keep the pace !”. Je n'y crois qu'un instant. Rapidement, le tatouage “Ironman” qui orne le mollet droit de mon tout récent supporter disparaît de mon champ de vision...

KM 31 - 6’49’’ au km

Passer à côté de son objectif initial, c’est aussi s’en fixer de nouveaux en cours de route. Je vise désormais un temps en dessous de 4 heures. Et puis je veux absolument atteindre la barre des 30 km avant de m'autoriser quelques centaines de mètres de marche. Les temps sont durs. Autour de moi, ça ne va pas beaucoup mieux. Des participants titubent, d’autres ont des crampes. C’est cruel mais ça réconforte un peu. Finalement, je ne vais pas si mal que ça...

KM 42 - 5’47’’ au km

Les 12 derniers kilomètres me semblent interminables. Mais je vais vous donner un scoop: chaque foulée, même mal assurée sur les pavés du centre-ville, me rapproche de la ligne d’arrivée. Je n’ai évidemment pas revu Maxime… Le panneau 40 km est une première délivrance. La fin est proche. L’agitation du site d’arrivée commence à être perceptible et je me prépare à en finir gentiment. C’était sans compter sur un dernier sursaut, à quelques centaines de mètres de la ligne d’arrivée. Un concurrent belge (il porte une vareuse de notre équipe nationale de hockey) me dépasse au sprint. Mon orgueil (mal placé) me pousse à me mettre dans sa foulée. Dans ma tête, c’est clair: je vais le “sauter” juste avant la ligne. L’honneur sera sauf. Mais une crampe à l’arrière de la cuisse, à 100 mètres du but, me rappelle que je suis à la ramasse. C’est bien en trottinant, avec un demi sourire aux lèvres (je me dis que si quelqu’un a vu la scène, il doit bien se marrer) que je passe la ligne en 273e position, après 3h54’03’’ d’effort. Romain, si tu me lis, félicitations pour ton sprint incroyable...

Préparer un marathon en 9 semaines avec Decathlon Coach: course et impressions

Passer à côté de son objectif initial, c’est aussi s’en fixer de nouveaux en cours de route. Je vise désormais un temps en dessous de 4 heures.

L'heure du bilan

L'envie de revenir

Bien sûr, je n’ai pas bouclé mon marathon dans le temps escompté (3h54 plutôt que 3h30). Mais à l’heure de faire le bilan, la balance reste positive. Voici les enseignements que je tire de mon marathon, mais aussi de ma préparation. En espérant qu’ils puissent vous aider pour le vôtre...

- C’est le plus important: je suis arrivé au bout après avoir lutté pendant 29 kilomètres. C’est donc un sentiment de fierté qui prédomine. Le chrono est secondaire, mais me laisse un goût de trop peu quand même.

- Prendre part à ce genre de défi entre amis (on était 4 en tout, de niveaux différents, et tout le monde a terminé), c’est top. Rester quelques jours sur place pour profiter de la ville, c’est encore mieux.

- Suivre un plan aide fortement à rester motivé, même quand on est moins en forme. Valider une séance sur l’appli Decathlon Coach était un de mes petits plaisirs, pendant 9 semaines :)

- Je n’ai pas eu de crampes, si ce n’est en voulant sprinter sur la fin. Une première pour moi, en 3 marathons. Preuve que je n’étais quand même pas mal entraîné.

- Ma contracture à la cuisse ne m’a pas embêté pendant la course. Merci à mon kiné et à ma soeur de m’avoir retapé à temps !

- À l’arrivée, le premier sentiment c’est “plus jamais ça”. Mais il ne faut pas longtemps pour que l’envie de récidiver prenne le dessus. Sous 3h30 cette fois !

- La prochaine fois, je commencerai mon programme d’entraînement en étant à mon poids de forme et pas en léger surpoids.

- Respecter son plan, ça doit aussi être respecter son corps. L’hygiène de vie, le sommeil, les étirements… Autant d’éléments que j’ai négligés par moments.

Préparer un marathon en 9 semaines avec Decathlon Coach: course et impressions
Préparer un marathon en 9 semaines avec Decathlon Coach: course et impressions

Nicolas

SPORTIF (PRESQUE) TOUT TERRAIN

Copywriter @Decathlon Belgium. Basketteur, cycliste et marathonien occasionnel.